R. M. RILKE – Poesie francesi “Verzieri N.39”

  Ô mes amis, vous tous, je ne renie aucun de vous; ni même ce passant qui n’était de inconcevable vie qu’un doux regard ouvert et hésitant. Combien de fois un être, malgré lui, arrête de son oeil ou de son geste l’imperceptible fuite d’autrui, en lui rendant un instant manifeste. Les inconnus! Ils ont leur large part à notre … Continue reading

R. M. RILKE – Poesie francesi “Verzieri N.45”

  Cette lumière peut-elle tout un monde nous rendre? Est-ce plutôt la nouvelle ombre, tremblante et tendre, qui nous rattache à lui? Elle qui tant nous ressemble et qui tourne et tremble autor d’un étrange appui. Ombres des feuilles frêle, sur le chemin et le pré, geste soudain familier qui nous adopte et nous mêle a la trop neuve clarté. … Continue reading

R. M. RILKE – Poesie francesi “Verzieri N.42”

  Ce soir quelque chose dans l’air a passé qui fait pencher la tête; on voudrait prier pour les prisonniers dont la vie s’arrêtée. Et on pense à la vie arrêtée… À la vie qui ne bouge plus vers la mort et d’où l’avenir est absent, où il faut être inutilement fort et triste, inutilement. Où tout les jours piétinent … Continue reading

R. M. RILKE – Poesie francesi “Verzieri N.40”

  Un cygne avance sur l’eau tout entouré de lui-même, comme un glissant tableau; ainsi à certains instants une être que l’on aime est tout un espace mouvant. Il se rapproche, doublé, comme ce cygne qui nage, sur notre âme troublée… qui à cet être ajoute la tremblante image de bonheur et de doute. * Un cigno avanza sull’acqua tutto … Continue reading

R. M. RILKE – Poesie francesi “Verzieri N.43”

  Tel cheval qui boit à la fontaine, telle feuille qui en tombant nous touche, telle main vide, ou telle bouche qui nous voudrait parler et qui ose à peine, – autant de variations de la vie qui s’apaise, autant de rêves de la douleur qui somnole: ô que celui dont le coeur est à l’aise, cherche la créature et … Continue reading

R. M. RILKE – Poesie francesi “Verzieri N.24”

  C’est qu’il nous fait consentir à toutes les forces extrêmes; l’audace est notre problème malgré le grand repentir. Et puis il arrive souvent que ce qu’on affronte, change: le calme devient ouragan, l’abîme le moule d’un ange. Ne craignons pas le détour, il faut que les Orgues grondent, pour que la musique abonde de toutes les notes de l’amour. … Continue reading

R. M. RILKE – Poesie francesi “Verzieri N.38”

  Vues des anges, les cimes des arbres peut-être sont des racines, bouvant les cieux; et dans le sol, les profondes racines d’une hêtre leur semblent des faîtes silencieux. Pour eux, la terre n’est-elle point transparente en face d’un ciel, plein comme un corps? Cette terre ardente, où se lamente après des sources l’oubli des morts. * Viste dagli angeli, … Continue reading

R. M. RILKE – Poesie francesi “Le rose IV”

  C’est pourtant nous qui t’avons proposé de remplir ton calice. Enchantée de cet artifice, ton abondance l’avait osé. Tu étais assez riche, pour devenir cent fois toi-même en une seule fleur; c’est l’ètat de celui qui aime… Mais tu n’a pas pensé ailleurs. * Eppure noi ti abbiamo offerto di riempire il tuo calice. Incantata da questo artificio, la … Continue reading

R. M. RILKE – Poesie francesi “Le rose III”

  Rose, toi, ô par excellence complète qui se contient infiniment et qui infiniment se répand, ô tête d’un corps par trop de douceur absent, rien ne te vaut, ô toi, suprême essence de ce flottant sèjour; de cet espace d’amour où à peine l’on avance ton parfum fait le tour. * Rosa, tu, quanto per eccellenza completa che si contiene … Continue reading

R. M. RILKE – Poesie francesi “Le rose IX”

  Rose, toute ardente et pourtant claire que l’on devrait nommer reliquaire de Sainte-Rose…rose qui distribue cette troublante odeur de sainte nue. Rose plus jamais tentée, déconcertante de son interne paix, ultime amante, si loin d’Eve, de sa première alerte, – rose qui infiniment possède la perte. * Rosa, tutta ardente e però chiara che si dovrebbe chiamare reliquario di … Continue reading

R. M. RILKE – Poesie francesi “Verzieri N.27”

  Qu’il est doux parfois d’être de ton avis, frère aîné, ô mon corps, qu’il est doux d’être fort de ta force, de te sentir feuille, tige, écorse et tout ce que peux devenir encor, toi; si prés de l’esprit. Toi, si franc, si uni dans ta joie manifeste d’être cet arbre de gestes qui, un instant, ralentit les allures … Continue reading

R. M. RILKE – Poesie francesi “Verzieri N.32”

  Comment encore reconnaître ce que fut la douce vie? En contemplant peut-être dans ma paume l’imagerie de ces lignes et des rides que l’on entretient en fermant sur la vide cette main de rien. * Ancora, come riconoscere ciò che fu la vita mite? Contemplando -forse nel mio palmo la stampa di queste linee e delle rughe che conserva … Continue reading

R. M. RILKE – Poesie francesi “Verzieri N.31”

  PORTRAIT INTÉRIEUR Ce ne sont pas des souvenirs qui, en moi, t’entretiennent; tu n’es pas plus mienne par la force d’un beau désir. Ce qui te rend présente, c’est le détour ardent qu’une tendresse lente décrit dans mon propre sang. Je suis sans besoin de te voir apparaître; il m’a suffit de naître pour te perdre un peu moins. … Continue reading

R. M. Rilke – Poesie francesi “Verzieri N.33”

  Le sublime est une départ. Quelque chose de nous qui au lieu de nous suivre, prendre son écart et s’habitue aux cieux. La rencontre extréme de l’art n’est-ce point l’adieu le plus doux? Et la musique: ce dernier regard que nous jetons nous-mêmes vers nous! * Il sublime è una partenza. Qualcosa di noi che in luogo di seguirci, … Continue reading

R. M. Rilke – Poesie francesi “Verzieri N.1”

  Ce soir mon coeur fait chanter des anges qui se souviennent… Une voix, presque mienne, par trop de silence tentée, monte et se décide à ne plus revenir; tendre et intrépide, à quoi va-t-elle s’unir? * Questa sera il mio cuore fa cantare angeli che si rammemorano… Una voce, quasi la mia, per troppo tempo dal silenzio tentata, s’eleva … Continue reading

R. M. Rilke – Poesie francesi “Verzieri N.9”

  Si l’on chante un dieu, ce dieu vous rend son silence. Nul de nous ne s’avance que vers un dieu silencieux. Cet imperceptible échange qui nous fait frémir, devient l’héritage d’un ange sans nous apartenir. * Se si canta un dio, quel dio vi rende il suo silenzio. Nessuno di noi che non s’avanzi verso un silenzioso dio. Questo … Continue reading

Rilke e lo “spazio interiore del mondo”.

Compianto sul Cristo morto. Presso il Museo di Belle Arti di Boston.

  III. (Anche noi) come i veri primitivi, continuiamo ancora a dipingere gli uomini su sfondo d’oro. Stanno davanti a qualcosa d’indistinto. Talvolta all’oro, talvolta anche al grigio. Talvolta nella luce, e spesso dietro di loro vi è un buio impenetrabile. IV. E’ comprensibile. Per riconoscere gli uomini fu necessario isolarli. Ma dopo averne fatto lunga esperienza è giusto porre … Continue reading